Bien-être au travail… du dire au faire…
Différents rendez-vous donnent l’occasion à vos élus du CER de débattre de l’actualité économique dans l’entreprise. C’est notamment le cas lors de la présentation annuelle du bilan social. Les nombreux indicateurs qu’il contient permettent de dresser une photographie de l’année écoulée : évolution de l’emploi (à statut, précaire…), politique de formation, évolution de la pyramide des âges, nombre d’arrêts de travail,… L’analyse réalisée par le service économique du CER à cette occasion montre que l’emploi reste malheureusement la principale variable d’ajustement budgétaire, ce qui n’est pas sans conséquences sur les conditions de travail.
Depuis plusieurs années, les rapports médicaux soulignent des cas avérés sur notre région de souffrance au travail : agents fatigués et stressés – conséquence de l’augmentation de la charge de travail et donc de la charge mentale, augmentation du risque de TMS dans certains métiers – liée à l’augmentation des rythmes de travail, dégradation des conditions d’hygiène sur les chantiers GOP…
Incontestablement, les transformations qui s’opèrent actuellement à la SNCF, la considération des seuls résultats financiers érigée en règle de gestion absolue, la mise en concurrence des cheminots génèrent de plus en plus de mal-être au travail. Les suppressions de moyens ne touchent pas seulement la production. Elles concernent également la prévention des risques sur les lieux de travail, ainsi que la médecine de soin, cette dernière revêtant un rôle essentiel du fait de la confidentialité de la relation des personnels médicosociaux avec les agents. Cela est révélateur de la contradiction entre les discours et les actes…
Suite aux suicides survenus, en lien avéré avec le travail, et à leur impact médiatique, nombre d’entreprises, parmi lesquelles la SNCF, ont été conduites à mettre en place des plans de prévention des risques liés aux situations de souffrance au travail. Malheureusement, ceux-ci s’apparentent davantage à des plans de «gestion des risques» qu’à de véritables plans de prévention. Le document élaboré par la Direction RH intitulé «Démarche sur l’amélioration de la qualité de vie au travail et sur la prévention du stress » contient ainsi 10 mesures qui sont principalement tournées vers la détection des agents en difficulté, avec une gestion individuelle des problèmes, éludant totalement la question des organisations du travail qui demeure pourtant le pivot en matière de santé au travail. Le salarié est ainsi considéré comme un simple exécutant, ce qui altère le sens même du travail et de son contenu. Notons qu’aucune des propositions effectuées par les organisations syndicales qui ont participé aux concertations sur le sujet n’a été retenue !
Dans ce document, on lit notamment que la direction veut faire des CHSCT l’instance centrale en matière de traitement des sujets relatifs aux conditions de travail. Nous partageons totalement ce principe. Hélas, nous constatons que le nouveau dimensionnement des établissements ôte toute proximité entre les agents et leurs représentants du personnel qui ont de plus en plus de mal à effectuer leur mission dans de bonnes conditions – contrainte que subissent aussi les présidents de CHSCT. Dans les faits, cette instance est de moins en moins écoutée par les directions qui leur dénient le droit d’appliquer le Code du travail en contestant devant la justice la tenue même de réunions extraordinaires ou d’expertises, comme c’est actuellement le cas pour 12 CHSCT sur notre région. Là encore, il y a loin entre les paroles et les actes…
Dans ce contexte, vos élus ont souhaité faire la photographie de l’état de santé des cheminots bretons en lien avec leur travail. C’est en ce sens qu’a été élaboré le questionnaire santé avec la section Bretagne-Mayenne de la Mutuelle Entrain, fortement impliquée dans les démarches de prévention des risques professionnels. Le nombre important de retours de ce questionnaire démontre que ce sujet est sensible pour les cheminots de notre région, qui elle aussi subit la tempête des incessantes réorganisations. Assurément, le 11 janvier 2011 sera l’occasion pour vous de prendre la parole sur le sujet !
Pour vous permettre de témoigner*, un blog est à votre disposition : www.cheminots-sante-travail.fr
J. L. PELTIER
Secrétaire du CER
Lire la suite du document de 4 pages édité par le CER Bretagne.
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